Note floues 6

Lumière d’août particulière — plus basse déjà, plus dorée, plus honnête. Moins de cette violence blanche de juillet. Elle entre différemment entre les troncs, trace des lignes longues sur le sol, des diagonales qui coupent le sous-bois en chapitres.

Photographié ces lignes de lumière. Pas les arbres — les espaces entre. Ce que la forêt laisse passer plutôt que ce qu’elle retient. L’argentique pour ça — la pellicule réagit à la lumière comme la peau réagit au soleil. Quelque chose de physique dans le processus.

Note : août m’a appris que la photographie de forêt n’est pas une photographie d’arbres. C’est une photographie de lumière qui traverse, de temps qui s’épaissit, d’air qui a de la matière.

Note 2 : trente-six poses finies en deux heures. Jamais autant en si peu de temps. Signe que quelque chose s’est débloqué — ou signe de fébrilité. Savoir lequel en voyant les négatifs.

La forêt en août sent différemment. Plus sec, plus chaud, une légère odeur de résine et de poussière. L’été qui commence à se souvenir qu’il finira.

Parti sans regarder derrière. Parfois c’est mieux.

artiste photographe contemporain arbre forêt

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